Encore feministes !

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Contre la violence machiste, plutôt crier que faire silence !
action n°42 - 21 novembre 2008

 

Ne supportant pas qu'une femme ait décidé de le quitter, un homme se rend chez elle, la roue de coups, la tue avec une arme à feu, et se suicide.
Cet homme était un député français (UMP) de 65 ans, Jean-Marie Demange. Le 17 novembre 2008, à Thionville (Moselle), il a tué Karine Albert, 43 ans.
Après le meurtre en 2003 de Marie Trintignant par Bertrand Cantat, de nouveau un homme important tue une femme proche, et de nouveau on emploie, comme une excuse, l'expression « crime passionnel ». Passion ou possession ? Volonté de possession poussée jusqu'au meurtre !
En France, tous les trois jours, un homme tue la femme qu'il voit comme lui appartenant. Et on cherche à atténuer sa responsabilité en mentionnant alcoolisme, passion ou dépression ! Même si M. Demange souffrait d'une dépression depuis qu'il n'avait pas été réélu maire de Thionville en mars, ce n'est pas la dépression qui est la cause de ce meurtre : c'est le machisme. Par la violence, les machistes dénient aux femmes leur liberté.

Dès que la nouvelle a été diffusée, les députés réunis à l'Assemblée nationale ont observé une minute de silence à la mémoire de leur collègue.
La députée Verte Martine Billard s'est déclarée « profondément choquée » par cette minute de silence : « dans de telles circonstances, il aurait été souhaitable que notre assemblée s'abstienne d'un tel acte », a-t-elle écrit au président de l'Assemblée.
La députée Aurélie Filippetti, porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée, a déploré l'ajout d'« une victime à la liste déjà trop longue des femmes décédées du fait de violences conjugales », concluant : « Toutes mes pensées vont aux enfants de la malheureuse victime. »

"Encore féministes !" félicite ces deux élues, et s'associe à leur réaction.
Nous demandons :
que tous les 25 novembre, Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, les assemblées élues de chaque pays observent une minute de silence à la mémoire des femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint
que la liste de ces femmes soit tenue à jour, comme c'est le cas au Québec voir aussi la commémoration organisée par "Encore féministes!"
que la violence machiste soit considérée comme une grande cause nationale et que les pouvoirs publics prennent des mesures plus efficaces de prévention ainsi que de protection des victimes.

Ce texte a été publié dans l'humanité du 29 novembre 2008.