Encore feministes !

Sommaire

action n°59 - 5 mai 2014
NON à la loi dangereuse !

 

Le réseau « Encore féministes ! » demande aux députés français de refuser de voter une proposition de loi qui satisfait le lobby masculiniste. Les conséquences en seraient dramatiques pour des milliers de mères seules.

La loi sur la famille (« relative à l'autorité parentale et à l'intérêt de l'enfant »), qui sera examinée le 19 mai 2014 à l'Assemblée nationale, est d'inspiration masculiniste.
Des exemples ? Elle impose la résidence des enfants au domicile des deux parents (même en cas de situation d'abandon).
Elle renforce aveuglément la répression pour non-représentation d'enfant, en feignant d'ignorer que dans la majorité des cas les violences en sont la cause.
Elle renforce l'application de la « médiation familiale », alors que celle-ci risque de s'imposer dans des cas de violence intrafamiliale non déclarée à la justice, ce qui est la majorité des cas.
Voilà qui satisfait des revendications d'associations dites « de pères ».
Les conséquences de cette loi seraient désastreuses pour des milliers de mères de famille, car serait institué le partage obligatoire de l'autorité parentale. En effet, le texte voudrait imposer « une égalité de droits et de devoirs des parents à l'égard de l'enfant, aucun des parents n'ayant le droit d'agir seul, à l'insu de l'autre », même quand l'un des deux parents n'assume pas son rôle, voire disparaît de la vie de son enfant.
Faut-il rappeler aux député-es que 14 % des pères n'entretiennent plus de contact avec leurs enfants après une séparation, et c'est le cas de 24 % des pères ayant un enfant avec une nouvelle compagne (source : INED) ?
Concrètement, une mère voulant inscrire son enfant dans une école ne pourra le faire sans la signature du père, parfois injoignable depuis des mois ou voulant exercer pressions, harcèlement, chantage.
Pour d'autres précisions, voir ici
La commission des lois procède à des auditions. Il semble que des associations de pères ont pu faire prévaloir leur point de vue. Un exemple éclairant : au lieu du « droit de l'enfant à voir ses parents », le texte mentionne les « prérogatives » d'un parent.
Des députées de la délégation droits des femmes vont déposer des amendements : que pourront-ils changer à un texte qui, à l'exception du chapitre II à propos des beaux-parents, va dans le mauvais sens ?
La discussion n'a pas encore commencé à l'Assemblée nationale. Il est urgent d'intervenir.
Le réseau « Encore féministes ! » demande aux député-es de lire cette proposition de loi avec tout l'éclairage nécessaire et de refuser de voter un texte satisfaisant seulement des hommes qui se sont fait connaître en grimpant sur des grues, au mépris de leurs propres enfants.